textes et musiques originales
La salle était vide, j'aurais pu avoir le film pour moi tout seul.
Et puis, un couple est entré. Forcément devant, car j'étais au dernier rang, petite salle.
Rires étouffés. Quelques chatouilles, petits bisous, enlacements, baisers mouillés, chevauchement, un fauteuil pour deux, ondulations, soupirs.
Obscurité.
Quelle idée de choisir Nikita Mikhalkov comme fond d'écran à de risibles amours, me dis-je.
Je ronchonne. L'aiguillon de la jalousie, Le snobisme du cinéphile, comme vous voudrez.
Générique, musique.
Je ne regarde pas. Enfin si, je regarde l'écran. Bien sûr, c'est pour cela que je suis là. Pour Mikhalkov.
Non, bien sûr, je ne regarde pas, pas eux je veux dire, ce n'est pas mon genre, non. L'écran, je regarde, oui. Le film, quoi.
Mais enfin, je les vois ! C'est comme ça. Sans les regarder, je les vois quand même, je vous jure, je n'y peux rien ! Ils sont dans l'écran, ils font l'amour sur l'écran, assis dans la salle et dans les steppes de l'Asie centrale, en même temps, par dessus le film, superposés !
C'est presque, presque... romantique.
Pfff...
Un film romantique